Beatles ou Rolling Stones

Dans les années soixante une grande question se posait aux jeunes : es-tu plutôt Beatles ou Stones ?

Les Beatles :

J’étais plutôt Beatles car la première chanson que j’ai vraiment écoutée c’était « Ticket to ride » puis en été « Help » en 1965, j’ai eu 13 ans en septembre de cette année-là. Après j’ai découvert leurs premiers succès « twist and shout » interprétée en français par Sylvie Vartan « twiste et chante », « love me do » leur premier hit en 1962, « Please please me », « from me to you », « she loves you », « I Want to Hold Your Hand », succès de 1963. L’année 1964 sera marquée par d’autres succès : “Can't Buy Me Love », “A Hard Day's Night », “I Feel Fine », “She's a Woman ». En 1965, il y eut aussi en dehors des titres cités au début de cet article « yesterday » « Michelle »« We Can Work It Out » et en 1966 « Paperback Writer » » Yellow Submarine», « Eleanor Rigby » . Comment oublier « Yellow Submarine» devenue « le sous-marin jaune » chantée par Maurice Chevalier : eh, oui ! La Pop Music bousculait les croulants mais néanmoins talentueux chanteurs français.

Je n’ai pas oublié l’année 1967 où chaque chanson « Strawberry Fields Forever » comme « Penny Lane » « All You Need Is Love » , « Hello Goodbye » se voulaient musicalement différentes. En 1968, la Révolution s’opéra avec « Lady Madonna » « Hey Jude » puis en 1969 « Get Back » «Don't Let Me Down » « Ballad of John and Yoko » « Something » « Come Together » et le grand succès que fut leur dernier single « Let It Be » . Ce dernier succès avant l’implosion du groupe plaisait beaucoup à ma mère qui avait à l’époque près de 57 ans et qui ne comprenait rien en anglais. Dès que le disque passait à la radio elle aimait la mélodie et la voix et elle l’écoutait avec un plaisir très visible.

De cette époque, je me souviens de leurs décorations par la Reine d’Angleterre en 1965, d’avoir rendu cette décoration, des scandales liés à leurs arrestations pour des prises de stupéfiants. Mais ce qui restera le plus marquant pour moi, ce sera l’annonce de la séparation et dissolution du groupe. J’ai pleuré et j’ai pensé ce jour-là : ma vie, la vie ne sera plus comme avant. Le temps des copains c’est fini. J’allais sur mes 18 ans. Ce que je trouve regrettable c’est que ces jeunes issus de la classe ouvrière, qui ont créé ensemble, par le biais de la musique, un monde merveilleux pour la jeunesse de l’époque n’aient pas su se quitter en copains.

Les Rolling Stones : ils ont choisi ce nom en raison d’un titre de Muddy Waters « Rollin’Stone » qu’ils écoutaient souvent et qui étaient pour eux une référence musicale.

Je viens d’acheter et de lire « Life » de Keith Richards . C’est une mine d’or qui démontre le désastre et la ruine de l’Angleterre d’après guerre qui rappelle les souvenirs que j’ai souvent entendus sur l’état de la France, notamment des villes à la même période. La vie de Keith, racontée de manière simple : comme on parle à un pote, n’a rien de consensuel ni de désabusé. Bien sûr cette référence à l’utilisation de la « dope » pendant vingt ans de sa vie rappelle un peu la descente aux enfers de Marianne Faithfull.

Mais ce qui est merveilleux dans cette autobiographie c’est comment il est arrivé à être le guitariste talentueux qu’il est devenu et aussi l’art de faire une chanson, de trouver un accord musical d’où découlera le texte. Ses références à Bo Diddley m’ont permis de m’intéresser à cet artiste américain, aujourd’hui disparu, dont la rythmique à la guitare est exceptionnelle et que j’ai fait connaître à ma petite fille qui étudie la guitare.

En ce qui concerne les Rolling Stones la chanson qui a eu l’effet d’une bombe, aussi en

1965, a

été « Satisfaction » et je l’ai tout de suite aimée. Mais j’ai moins suivi leur carrière. Je me souviens bien de la mort de Brian Jones en 1969, guitariste et fondateur en 1962 à Londres du groupe avec le pianiste Ian Stewart (renvoyé du groupe en 1963 car il ne peut jouer le rôle d’idole des jeunes mais continuera à travailler avec eux comme manager jusqu’à son décès en 1985). Ils seront ensuite rejoints par le chanteur Mick Jagger et Keith Richards. Le batteur Charlie Watts et le bassiste Bill Wyman (qui quittera le groupe en 1993 et sera remplacé par Darryl Jones sans devenir membre officiel du groupe) compléteront la formation originale. Brian sera remplacé par Mick Tailor qui quittera le groupe en 1974 et qui sera remplacé par le guitariste des Faces Ronnie Wood. Aujourd’hui les Stones forment un groupe composé de Mick Jagger, Keith Richards, Ronnie Wood et Charlie Watts.

Allez quelques succès : Paint in Black 1966) , Let's Spend the Night Together, Ruby Tuesday (1967) , Jumping Jack Flash (1968).

Ils ont beaucoup défrayé la chronique avec des histoires de drogue, d’arrestations pour cette raison. Une vie RocK’n’roll ?

Je pense que l’on peut avoir une vie artistique et créative sans artifices. Ce n’est pas Keith qui dira le contraire. Lisez-le et vous comprendrez.